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Blog de diffusion des nouvelles, bande-dessinées, articles et plus généralement des histoires de Ben Wawe, auteur passionné de Science-Fiction, Fantastique et de Récits de l'Imaginaire.

26 Oct

Lord Corlatius/Dr Who 1/3

Publié par Ben Wawe  - Catégories :  #Lord Corlatius-Dr Who

Lord Corlatius/Dr Who 1/3

Bonjour à tous !

Il y a quelques jours, j'ai dévoilé cette image, indiquant le titre de la nouvelle histoire de Lord Corlatius, mon personnage fétiche.

Comme certains l'ont découvert ou compris, Lord Corlatius est inspiré à la base de la célèbre série télévisée Doctor Who, propriété de la BBC. Si j'ai depuis différencié Lord Corlatius de sa glorieuse inspiration, j'ai tenu récemment à organiser une "rencontre" entre les deux personnages, autant pour construire mon propre héros que pour me faire un immense plaisir de fan.

Bien entendu, cette véritable fan-fiction n'a pas une plus grande ambition que de m'amuser, et d'amuser ceux qui me liront. Pour ce faire, et pour éviter de verser "trop" dans le fanboyisme, j'ai choisi un Doctor Who qu'on a peu vu mais qui a lourdement marqué le destin du personnage... les spectateurs comprendront !

Bonne lecture à tous !

Nobles quêtes

Sombres Survivants

Chapitre 1/3

Il n'existe pas qu'une seule Terre - des dizaines, des centaines de mondes parallèles coexistent entre les dimensions dans le Multivers.

Certains se ressemblent, d'autres n'ont rien en commun ; certains n'existent plus, certains viennent à peine de faire naître la Vie.

Seuls quelques êtres peuvent voyager entre les dimensions et les visiter.

Les Liktalzzz, un peuple de créatures qui oeuvrent à l'annihilation de tout être vivant, peuvent glisser de monde en monde quand des fenêtres apparaissent sur leur planète, l'Anté-Monde.

Lord Corlatius, à contrario, lutte contre les Liktalzzz dans chaque dimension, se téléportant à sa guise et changeant d'hôte pour abriter son âme, le seul élément qui lui reste de son premier corps - celui du Roi des Liktalzzz, qui fut renversé par un coup d'Etat destructeur.

Un peuple contrôle les passages entre les mondes, entre les Univers, entre les époques.

Les Seigneurs du Temps ont imposé des règles afin de protéger le Multivers et ses habitants. Les Seigneurs du Temps les font respecter avec discipline, même quand l'un d'entre eux contredit leurs propres lois.

Le Docteur, Seigneur du Temps rebelle, évolue dans le Temps, l'Espace et les dimensions au gré de ses voyages et de ses rencontres. Avec son vaisseau TARDIS, d'apparence une simple boîte bleue téléphonique mais plus grand à l'intérieur, il veille à protéger les innocents et à découvrir l'inconnu durant ses multiples vies. Avec différents visages, lui qui peut se régénérer et changer de corps douze fois.

La guerre entre les Seigneurs du Temps et les Daleks, leurs plus grands adversaires, s'est intensifiée dans un déluge de violence et d'horreur. La puissance de ce conflit a poussé le Docteur à changer, à adopter un corps et une attitude plus décisifs, plus efficaces... plus brutaux.

Cette Guerre du Temps a besoin de guerriers, pas de Docteur.

Jusqu'à présent, Lord Corlatius menait un combat secret contre son peuple, évitant de trouver des alliés par crainte des trahisons et des échecs.

Jusqu'à présent, le Docteur menait son conflit contre ses adversaires, essayant de garder sa conscience et sa morale pour lui.

Jusqu'à présent.

*

Tout est blanc – calme.

La douleur qui le suit depuis que son corps lui a été arraché n’est plus. Le malaise constant qu’il subit d’hôte en hôte a cessé. Une sensation de détente, de plénitude s’est emparée de lui et provoque une révolution : un sourire, franc et sincère. Le premier depuis cent soixante-dix ans.

Il marche, et sent ses paumes glisser le long de hautes herbes fraîches et humides. Des rires s’élèvent autour de lui, des gloussements de jeunes enfants qui jouent ; sur sa gauche, il entend les doux murmures d’Alicia, comme si elle glissait quelques mots tendres à son oreille. Comme avant.

La blancheur disparaît, des formes apparaissent. Une petite fille et un petit garçon courent dans ses jambes, et une douce présence pose une main délicate sur son épaule. Lentement, il se tourne vers elle et la forme de son visage se précise. Les traits d’une jeune femme magnifique se dessinent peu à peu, et son cœur bat plus fort alors qu’il reconnaît le nez… les oreilles… les pommettes d’Alicia.

D’ici quelques secondes, il verra ses lèvres puis ses yeux – qui l’ont charmé dès le premier jour. Ses yeux si particuliers, ses yeux qui lui manq…

« … SIEUR AIDEZ-MOI ! »

Le réveil est brutal mais immédiat.

Ses yeux se fixent sur une jeune femme affolée, qui s’accroche à sa chemise telle une furie. De longues larmes de terreur coulent sur des joues rebondies et roses, alors qu’elle écrase son crâne et ses courts cheveux châtains contre son torse. Un bruit de tonnerre s’élève derrière elle, dans un long couloir fermé, recouvert du sol au plafond d'un carrelage blanc usé, éclairé par une lumière artificielle blafarde.

Comme si la fin du monde approchait.

D’un geste sec et violent, il repousse la jeune fille et se relève. Ses jambes sont peu fiables, ankylosées ; il est gêné, mais il se concentre sur l’essentiel : lui-même.

Il observe ses mains, ses bras, son corps – il reconnaît tout. Ce qui implique que la transformation est complète, qu’il est dans l’un des hôtes stockés à l’intérieur de sa demeure ou dans une personne inconsciente et dont il a pris le contrôle.

Il se sent rassuré de retrouver un de ses innombrables imperméables marron, même s’il ne sent pas son chapeau sur son crâne et si l’un des verres de ses lunettes rondes est brisé. Pire encore, sa Carte Interne, qui lui permet de se téléporter dans n’importe quel espace et dans n’importe quelle dimension, est vide : il est sur Terre, mais il ne sait pas laquelle et n’a accès à aucun souvenir. Perturbant.

Le bruit s’intensifie, et il daigne enfin lever les yeux pour y faire face.

Il le regrette aussitôt.

Une créature terrible, mi-rhinocéros, mi-lion, en métal, fonce vers lui et la jeune inconnue. Sa peau est recouverte d’acier brillant, aveuglant. Sa gueule est composée de dizaines de crocs mécaniques acérés. Son crâne, difforme, comporte autant une énorme corne pointue et tranchante qu’une crinière aussi sublime que terrifiante. Ses énormes pattes maltraitent le carrelage, de grandes volutes de fureur s’échappent de ses monstrueuses narines.

« Monsieur… aidez-moi… monsieur… »

La jeune fille sanglote derrière lui. Recroquevillée sur elle-même, terrifiée, elle attend passivement la fin. Il ne sait pas qui elle est, il ne sait pas ce qu’il fait ici, mais il ne laissera pas une inconnue en proie à un monstre. Ce temps-là est révolu.

« Je vais vous aider, mais soyons clairs. »

Sa voix est lourde, autoritaire. Instinctivement, ses poings se sont serrés alors que la créature hybride n’est plus qu’à quelques mètres de lui. La corne brille et vibre, terrible ; les sanglots de la jeune fille s’intensifient.

« Ne m’appelez pas monsieur. »

Il peut sentir la fureur et l’odeur âpre et chaude du métal sous tension. Il joint ses mains et ferme les yeux, appelant en lui l’étonnant pouvoir qui lui a été donné lors de l’Exil, quand il fut dépossédé de ses biens, de ses chairs et de ses titres par les siens.

« Je suis Lord Corlatius. »

Il rouvre les yeux, lançant l’ordre mental de créer devant lui un portail de téléportation bordeaux, qui évacuera aussi loin que possible la créature dangereuse.

Rien ne se passe.

Il ne voit nul portail devant lui, uniquement la bête bien trop proche. La corne métallique s’enfonce brutalement dans son torse, sa chair, avant que la créature n’effectue une ruade et le précipite derrière elle.

Il hurle de souffrance quand il s’écrase sur le sol. A peine a-t-il le temps de sortir l’affreuse morsure douloureuse du sol contre son épaule, et de voir du coin de l’œil la bête s’arrêter devant la jeune fille.

Il n’a pas été capable de la sauver.

A nouveau, un inconnu souffre par sa faute. Plus jamais, se jure-t-il en s'abandonnant aux ténèbres. Plus jamais.

*

Pas de calme. Pas de plénitude. Pas d'Alicia, cette fois-ci.

Il s'éveille, perclus de douleur et tremblant. Les visions précédentes, si agréables, sont remplacées par l'affreuse sensation de la chair percée, du sang qui s'écoule d'une plaie trop grande. Il est blessé, et gravement.

Ses paupières se rouvrent, ses poings se referment par instincts, prêts à la défense. Il s'attend à redécouvrir l'horreur métallique, le long couloir de carrelage et à trouver à ses pieds le corps déchiqueté et écrasé de la jeune femme.

A nouveau, rien ne se passe comme prévu.

Le sol est fait de ronces, de racines, d'herbes et de plantes très fleuries. Des câbles, des gaines emmêlés forment des murs hermétiques. Et le plafond est en métal, lisse et brillant. La lumière est cependant toujours blafarde et artificielle, et éclaire à ses côtés une jeune fille terrifiée, mais bien vivante.

« Où... où est... la... »

Sa voix est faible, à peine plus un murmure. Chaque respiration est une douleur, il touche par réflexe sa poitrine et enclenche une nouvelle vague de souffrance. Un liquide âpre et collant recouvre ses doigts, puis toute sa paume. La blessure est bien grave, mais il reste fixé sur une idée : elle est vivante. Elle n'est pas morte à cause de lui.

« La bête… la bête a disparu. »

Sa voix est brisée, après un trop long moment à pleurer seule. Son visage est recouvert de larmes séchées, ses courts cheveux blonds sont recouverts d'une épaisse crasse sombre.

« Où... sommes... »

Sa main libre s'ouvre vers le couloir étrange dans lequel ils se trouvent. Il a échoué à faire disparaître la créature, et elle s'est volatilisée seule ; mais ils ne sont pas hors de danger.

« Je sais pas... je sais rien... j'suis perdue... »

Il se relève légèrement, et appuie son dos contre le mur de métal. Quelques câbles raclent son manteau sombre, mais il s'acharne pour trouver une position confortable.

« Attendez... »

Sa respiration est difficile, et il se sent repartir. Avec des doigts tremblants, il cherche dans sa poche une seringue, dont il retire l'embout et qu'il enfonce dans sa cuisse avec un grognement. La jeune femme le fixe d'un regard vide, alors que le précieux liquide s'infiltre dans ses veines.

« Ah ! »

Un tremblement court dans tout son être, et il se redresse, soudainement assis et en meilleure possession de ses moyens.

« Adrénaline. Cela ne durera pas, mais c'est agréable. »

Il se relève, grisé par l'afflux d'énergie dans son corps. Sa blessure est importante, et il a besoin de soins, mais il n'en trouvera guère ici. Il doit s'enfuir, trouver une sortie et surtout comprendre où il est et comment il fut attiré là ; pour retrouver les responsables, et leur faire regretter leur folie.

« Nous ne pouvons pas rester ici. »

Il lui tend la main, et l'arrache au sol sans ménagement.

« Votre nom ? »

Sa voix est sèche, autoritaire. Il avance dans le long couloir de métal et de plantes, veillant à ne pas chuter entre les étonnantes racines végétales à leurs pieds. Il se tient le torse d'une main, et enferme le poignet de la jeune fille de l'autre. Elle ne peut pas rester derrière.

« Je... Jenny... »

Les larmes coulent à nouveau sur son joli visage d'adolescente, mais il n'en a cure.

« Vous n'avez aucun souvenir de votre venue ici, n'est-ce pas ? »

Au loin, il aperçoit un virage et accélère.

« N... non... j'étais chez moi, à réviser... et... »

L'effet de l'adrénaline ne sera pas long, il le sait. D'ici quelques minutes, son corps retrouvera sa faiblesse et subira le contrecoup d'une telle dose. Il doit rapidement mettre au point son plan, pour l'inévitable deuxième attaque de ses agresseurs.

« Bien sûr. Que révisiez-vous ? En quelle année êtes-vous ? Votre langue, votre visage... Américaine, n'est-ce pas ? Seize ans ? Lycée ? »

Occuper son esprit, pour qu'elle ne panique pas. Indispensable autant pour elle que pour lui : il ne peut accepter un poids mort.

« Euh... oui... réviser... les maths... la science... »

Ils approchent du virage quand une sirène étrange, aiguë et lancinante, s'active. Il ralentit légèrement, lève les yeux au ciel pour en saisir l'origine, sans y parvenir. Il n’y a rien autour d’eux.

« Hum. La science, Jenny. C'est difficile, mais passionnant. Quel est votre programme actuel ? »

Jenny essaye de parler de la sirène, mais il l'en empêche en insistant. Il n'a aucune idée de sa provenance, mais cela ne lui plaît pas. Ils doivent avancer, et le font pendant de longues minutes.

Cependant, en accélérant pour rejoindre plus vite le virage et fuir la sirène, il ne fait plus attention au sol piégeur. Se prenant les pieds dans une racine traître, il s'étale de tout son long, lâchant la main de la jeune femme au dernier moment.

Un long grognement de douleur s'échappe de sa gorge alors qu'il se relève difficilement. Sa plaie saigne d'autant plus, et il sent que son esprit s'affaiblit ; l'effet de l'adrénaline se dissipe, déjà.

« Mon dieu... monsieur... votre torse... »

Jenny s'est approchée et l'aide à se relever. Elle fixe un regard terrorisé sur sa blessure, qui ne cesse de saigner et de s'agrandir.

« Je... sais. Mais nous devons... sortir... fuir... »

Lui non plus ne se rappelle plus comment il est arrivé ici. Son dernier souvenir correspond au recrutement de Kane, la femme-soldat, dans sa nouvelle armée ; il l'a envoyée de son monde à sa propre demeure. Il s'apprêtait à rejoindre un autre futur membre de ses troupes quand il se retrouva ici.

« Vous... vous n'y arriverez pas. Vous avez besoin... d'aide... d'un médecin... »

La sirène s'intensifie, alors qu'ils reprennent lentement la marche – pour s'arrêter en découvrant quelque chose devant eux.

Au milieu du virage, le fantôme d'une grande boîte bleue rectangulaire lévite au-dessus du sol. La sirène semble en provenir, et des bruits de bois et de métal raclés l’accompagnent. La boîte va et vient, monte et descend, comme si elle essayait de s'échapper d'un filet invisible.

Finalement, au bout de quelques trop longues secondes, un pan de la boîte s'ouvre et propulse une nouvelle silhouette dans le couloir de métal et de plantes.

L'apparition cesse soudainement, tout comme la sirène. L'inconnu se relève lentement, et époussette ses vêtements recouverts de poussière.

C'est un homme. La cinquantaine. Petit, presque trapu, il porte un long manteau sombre, un foulard foncé, un pantalon marron et une cartouchière autour du torse, avec une sorte gadget métallique comme seule munition. Son visage est sombre, recouvert de cheveux courts et rongé par un bouc épais poivre et sel ; ses yeux sont noirs, immédiatement animés d'une lueur brutale quand il les pose sur eux.

« Vous ! Monsieur ! Aidez-nous ! »

Jenny s'avance en le soutenant. Jenny ne voit pas de mal, et cherche de l'aide où elle peut en trouver.

« Aidez-nous ! Il a besoin d’un docteur ! Est-ce que vous... »

Jenny a bon fond, mais elle a tort.

« Non. »

Sa voix est plus sèche et autoritaire que précédemment. Il se redresse, en s'appuyant sur la pauvre Jenny. Ses yeux sombres se posent dans ceux du nouvel arrivant, pour le jauger et l'avertir.

« Il ne l'est pas. Il l'a été, il le sera. Mais il ne l'est plus. Son temps n'est pas celui du Docteur. »

Son discours est direct, terrible. Il souhaiterait juste ne pas trembler autant en le déclamant.

« Ah... Vous. »

L'autre avance, calme et imperturbable. Aucune expression ne passe sur son visage, alors qu'il s'arrête à moins d'un mètre et observe la blessure.

« Sale blessure que vous avez là. Beaucoup, dans cet Univers et dans d'autres, doivent espérer qu'elle vous sera fatale. »

Un léger grognement de douleur s'échappe des lèvres de Corlatius alors qu'il fait face à son interlocuteur, celui qui répond malgré tout toujours au nom de Docteur.

« Au vu de votre passé, my Lord, je crois bien en faire partie. »

Lord Corlatius est ma création. Tous droits réservés.

Dr Who est une création de BBC. Tous droits réservés.

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