Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Blog de diffusion des nouvelles, bande-dessinées, articles et plus généralement des histoires de Ben Wawe, auteur passionné de Science-Fiction, Fantastique et de Récits de l'Imaginaire.

03 Nov

Lord Corlatius/Dr Who 3/3

Publié par Ben Wawe  - Catégories :  #Lord Corlatius-Dr Who

Lord Corlatius/Dr Who 3/3

Bonjour à tous !

Après le premier et deuxième chapitre de la saga mêlant le très célèbre Dr Who et de Lord Corlatius, mon personnage, voici l'ultime épisode de cette histoire que j'ai adoré écrire !

Bonne lecture et à très bientôt !

Nobles quêtes

Sombres Survivants

Chapitre 3/3

La bataille fait rage. Elle est absolue.

Debout sur une plateforme en métal, qui lévite à quelques mètres du sol, le Docteur utilise son tournevis sonique comme un chef d’orchestre possédé. Mais au lieu de faire signe aux musiciens de s’activer, de moduler leurs efforts ou d’entonner une autre note, il anéantit toute attaque lancée contre lui par Hnlak, et envoie contre son agresseur des répliques brutales et imaginatives.

Le Docteur a perdu toute notion du temps, et ne sait plus depuis quand il combat ainsi. Il a simplement conscience d’être usé, mais toujours déterminé à arrêter le monstre qui a tué tant d’innocents dans cet enfer.

Aujourd’hui, Hnlak est stoppé. Définitivement.

Six roues métalliques recouvertes de pointes acérées filent vers lui de six endroits différents. Au même moment, un volcan en éruption fait son apparition à ses côtés, des dizaines de roches en fusion et de lave étant expulsés vers sa position. Pire encore, une tornade commence à naître à quelques mètres, menaçant son équilibre précaire.

Les dents serrées, les doigts crispés sur son tournevis sonique, le Docteur ne cesse de modifier l’environnement autour de lui en utilisant la même fréquence que Hnlak.

Ainsi, il parvient à déformer suffisamment le volcan pour que son éruption se tourne vers l’autre extrême de la zone, et propulse la tornade vers le même volcan afin que les deux phénomènes naturels se bloquent l’un l’autre.

Il est sur le point d’oublier les six roues acérées quand le sifflement aigu de leur venue le rappelle à l’ordre ; tournant sur lui-même, fixant son tournevis sonique sur chaque menace, il les transforme toutes en papillon. Il ne peut fêter sa victoire, car il chute soudainement de sa plateforme métallique à cause d’une explosion volcanique, amplifiée par la tempête. Ce n’était pas sa meilleure idée.

Le Docteur parvient cependant à se rattraper à la plateforme, déséquilibrée par son poids. Il brandit son outil pour modifier la balance des poids de la plaque de métal, et y réussit juste avant de relever les jambes par réflexe. Son sixième sens, si précieux, lui a permis d’éviter les terribles mâchoires de deux girafes géantes, dont les crânes ont été remplacés par les gueules de terribles requins acharnés.

Accroché à la paroi par la seule force de ses bras, fatigué, le Docteur sait qu’il ne pourra plus tenir longtemps. Plus haut, il avise les papillons, produits des roues acérées, qui s’envolent vers le plafond.

Avec l’énergie du désespoir, il lève son tournevis sonique, l’active et les bloque dans un filet invisible, avant de les renvoyer avec rage vers les deux girafes-requins. Mais quand les papillons rencontrent brutalement ces deux monstres, ils ont été transformés en obus, dignes des tranchées de Verdun. Une gigantesque explosion anéantit les deux créatures, et propulse lourdement au sol le Docteur.

Pendant deux longues minutes, le Seigneur du Temps ne peut plus bougé. Exténué, blessé, marqué par le choc et les trop nombreux combats du jour, il ne parvient pas à se reprendre rapidement – mais rien ne se passe.

Il rouvre soudainement les yeux, et roule sur le côté pour éviter la chute de petits astéroïdes envoyés par Hnlak ; ce fut juste, mais son ennemi a mis deux longues minutes avant de réagir.

Hnlak ne lui offre plus de chance, de repos ; le Docteur l’a poussé dans ses retranchements, il l’a défié et lui a tenu la dragée haute pendant de longues heures. Hnlak veut l’anéantir, il veut étouffer cet adversaire beaucoup trop fort pour lui. Mais il n’y arrive pas – et les processus de Hnlak se fatiguent également.

Ses créations sont moins originales, ses répliques moins brillantes. Il s’affaiblit, s’use et n’a plus sa réactivité terrifiante.

Bien, pense le Docteur en s’accroupissant. La dernière étape du plan peut commencer.

Sans rien dire, le Docteur utilise son tournevis sonique pour former autour de lui un dôme, une protection absolue. Hnlak refuse de lui offrir un moment de repos, et lui envoie des dizaines de créatures, de débris, de bombes et autres armes de destruction ; le dôme tient bon.

A l’intérieur, le Docteur est crispé, les yeux clos, les mains serrées jusqu’à la douleur sur son tournevis. Son esprit se projette entièrement dans son outil, et transmet sa détermination à ne pas céder, à ne pas s’arrêter. Le dôme ne doit pas se fissurer, Hnlak ne doit pas le briser ; le Docteur ne peut échouer.

Pendant un temps trop douloureux pour être décompté, le Seigneur du Temps tient, appelant aux souvenirs de ses trop nombreuses vies, de ses trop nombreuses épreuves passées, et surtout convoquant sa détermination à sauver Gallifrey de la terrible guerre qu’elle subit. Et alors qu’il tient, encore et encore, le bruit infernal des explosions, des chocs et des destructions s’arrête, sans prévenir.

Le silence s’impose.

Sans prévenir.

Et ce silence terrible, si inconfortable sur un champ de bataille, est alors remplacé par un cri déchirant, inhumain et terrifiant.

Sans sourire, sans afficher une seule émotion, le Docteur fait disparaître le dôme et se relève. Il se retrouve non plus sur le champ de bataille, mais dans une pièce anonyme, sombre et remplie de câbles et de terminaisons technologiques.

Nulle trace des combats. Nulle trace de son périple.

Ne restent devant lui qu’un corps immobile, celui de Jenny à la nuque brisée, et une gigantesque console informatique, bipant telle une damnée, s’allumant tel un sapin de Noël.

« N… non… pitié… arrêtez… », murmure la voix inhumaine et informatique de Hnlak.

« Jadis, je l’aurais fait arrêter », répond à voix basse le Docteur en s’approchant de la console métallique. Il passe, sans réagir, au-dessus du corps de Jenny ; il a vu que sa poitrine ne se soulève pas, que sa peau a déjà pris une teinte livide. Il est trop tard pour elle.

« Jadis, je lui aurais demandé de sortir dès maintenant, de faire cesser ta torture, Hnlak. »

Tout en parlant, le Docteur fait glisser ses mains sur la console. Il a déjà rangé son tournevis sonique dans sa cartouchière. Des bips, des grésillements, des bruits de matériel informatique en perdition se font entendre tout autour de lui.

« Mais tu avais raison, auparavant. Vous aviez tous les deux raisons. »

Ses yeux sont tristes, vieux… secs. Toutes ses larmes ont coulé pour l’être qu’il était, transformé par la guerre pour devenir la créature vide qu’il doit incarner pour continuer. Heure après heure. Horreur après horreur.

« Nous sommes des monstres. Nous sommes craints, haïs, et cela est juste. Car nous avons survécu en étant plus malins et plus forts que nos ennemis. »

Il ferme ses yeux en collant son front contre la console. Sa voix se fait plus sèche, plus autoritaire. Les bips et grésillements sont comme des déchirures, des coups échangés.

« Tu as tué son corps, mais pas son esprit. Tu as anéanti le corps d’un être qui n’a plus de corps… es-tu si stupide ? Corlatius a bien des défauts, mais sa qualité première est son sens de la survie. Cet être survivra toujours, il refusera toujours de périr. Tu as détruit son corps… où croyais-tu qu’un esprit suffisamment fort pour refuser la Mort irait se réfugier ? »

Lentement, sans force, il frappe le métal, presque frustré par l’erreur de son ennemi.

« Corlatius est en toi… Corlatius a attendu le bon moment, le moment de faiblesse, pour frapper et prendre le pouvoir. Et désormais… désormais, il te chasse. Il te détruit. Il te remplace. »

Il recule et rouvre les yeux, desserrant des poings blanchis par la tension. Un grésillement terrible se fait entendre.

« Nous sommes des monstres, et je ne suis plus digne d’être le Docteur. Je ne suis qu’un soldat, dans une guerre. Qui agit comme tel. »

Il pousse un profond soupir, avant de se détourner de la console pour s’approcher du corps inanimé de la jeune fille.

« Anéantissez-le, Lord Corlatius. Détruisez notre frère monstre. »

Le Docteur soulève avec douceur le cadavre de Jenny, quand un hurlement déchirant transperce la console informatique, la salle entière.

Pendant de trop longues secondes, Hnlak agonise, broyé, déchiré, déchiqueté par la puissance de Corlatius, qui anéantit chaque once de la conscience virtuelle de la créature qui les a torturés durant des heures.

Et tout s’achève.

Le cri, l’agonie, l’illumination de la console informatique, cette ambiance étrange. Durant deux minutes entières, le Docteur marche seul dans la salle, tenant de ses bras fatigués le corps sans vie d’une innocente.

Ce n’est qu’au moment où il s’approche d’une porte, faiblement dessinée dans l’obscurité de la pièce, qu’une voix lourde se fait entendre. Mais ce n’est plus celle de Hnlak.

« Docteur. »

Corlatius, encore à l’intérieur du système informatique, s’adresse à son allié du jour. Malgré son caractère virtuel, son ton demeure las, usé. Lui aussi a beaucoup donné et souffert aujourd’hui.

« Tel n’est pas le nom qui me convient, Lord Corlatius. »

La réplique du Seigneur du Temps est sèche. Leur alliance se meurt, les inimités ressuscitent.

« Je ne considère pas non plus être digne de ce titre. Mes actes, depuis longtemps, m’ont privé de cet honneur. Je voulais vous… remercier. Ce plan était risqué, mais il fut mené à bien. La menace est écartée. »

Son interlocuteur acquiesce, surpris agréablement de découvrir un peu d’humilité chez l’autre.

« Jadis… nous étions dignes de ces honneurs », murmure-t-il dans un souffle, les yeux dans le vague, plongés dans un passé si éloigné.

« Jadis, oui. Et peut-être un jour, encore, Seigneur du Temps », réplique Corlatius en faisant apparaître silencieusement la boîte bleue si chère au cœur de son camarade.

« Peut-être un jour encore, oui. Mais pas aujourd’hui, Humain », répond l’extraterrestre en pénétrant dans son foyer.

Corlatius ne réplique pas, autant parce qu’il cherche un moyen de rentrer dans son monde, dans son Univers que parce qu’il ne saurait quoi répondre.

Alors que l’autre disparaît dans un concert de sirènes stridentes, Corlatius prend quelques secondes pour repenser au dernier nom donné par son allié. Humain… cela fait tant, tant d’années qu’il n’a pas été appelé ainsi. Cela fait tant, tant d’années qu’il n’en a pas été non plus digne.

Au plus profond des systèmes informatiques, il mime un soupir en contactant les logiciels de son foyer, dans un autre Univers, pour s’y plonger. Hnlak a pu le convoquer d’une autre dimension, ses talents peuvent le ramener chez lui.

Humain. Lord.

Comme le Docteur, il n’est plus digne de ces titres depuis longtemps. Il les a salis, il les a traînés dans l’horreur, il les a damnés ; mais il les reprendra. Il les retrouvera. Et il les fera briller bien hauts, quand son chemin sera terminé.

Ces guerres, leurs guerres ne nécessitent pas de Lord, de Docteur.

Ces guerres, leurs guerres sont menées par des monstres – mais qui n’oublient pas d’où ils viennent. Et où ils peuvent, où ils doivent encore, revenir.

Lord Corlatius est ma création. Tous droits réservés.

Dr Who est une création de BBC. Tous droits réservés.

Commenter cet article

Emmessem 03/11/2014 13:34

Je n'ai pas commenté sur chaque chapitre, du fait, je t'écris là ma réaction globale sur l'intégralité de ta "fanfiction".

Comme tu le sais, je suis moi-même un grand fan de Doctor Who ET de Lord Corlatius. Les voir tous les deux réunis m'excitait déjà avant de lire. Mon excitation n'a fait que monter au fur et à mesure de la lecture. D'abord, parce que finalement, en choisissant d'utiliser le Docteur de Guerre, tu t'appropries ce personnage et tu vas au-delà du "plaisir de fan" en opérant différents parallèles entre ton héros, celui de la BBC et leur ennemi commun. Hnek est un personnage inédit et intéressant, car en faisant en sorte que Corlatius l'affronte, tu le sors de sa guerre contre les Liktalzzz, tu montres qu'il peut affronter autre chose.

Tu as d'ailleurs fait un travail impressionnant sur les émotions que ressent le Lord en te plaçant régulièrement de son point de vue, en le mettant face à ses propres démons et regrets. Tu devrais faire ça plus souvent.
Les révélations et interrogations servant ton intrigue globale, disséminées dans ce crossover le rend d'autant plus épique. Je ne prends pas le temps de revenir sur ton style car tu vas douter de mon objectivité mais c'est vraiment bien.

Bref, c'est un très bon récit et j'espère qu'après la Guerre du Temps, le Docteur retrouvera le Lord. Bravo et merci pour cette histoire !

Ben Wawe 03/11/2014 17:10

Merci beaucoup pour l'avis !
Je suis ravi que tout cela t'ait plu. Je ne suis pas sûr de retenter l'expérience, mais j'ai adoré écrire ça. A bientôt pour autre chose !

À propos

Blog de diffusion des nouvelles, bande-dessinées, articles et plus généralement des histoires de Ben Wawe, auteur passionné de Science-Fiction, Fantastique et de Récits de l'Imaginaire.